Rien ne passe, tout s’oublie

« Notre histoire immédiate prend, dans l’épaisseur du temps, des reliefs et des couleurs qu’on ne lui verrait pas autrement. Les textes qui suivent sont à un livre ce que les gammes sont au piano. Un journal de bord, une suite de chroniques parfois décalées écrites à mesure. Des « choses vues », ou lues, ou entendues. Il y est question de voyages, de distraction et de lenteur, de bibliothèques et de mots, de Robespierre et de Talleyrand, de ruines, de Milou et de Tintin, de révolutions et d’empires, de liberté, de modes, de Belmondo, des ados, de Paris, de la Russie et d’Odessa, de la reine d’Angleterre, de guerres et de chaussures, de chiens, de lapins, d’oiseaux et de jardins, de permis de conduire, de chevaux et de souvenirs. Bref, l’écume des jours dans le désordre de ce que j’en ai retenu. Je les ai écrits en chasseur de papillons, par
bonds et gambades. Je m’y promène en souriant. »

Emmanuel de Waresquiel est historien, directeur d’études à l’École pratique des hautes études. Il est l’un des meilleurs historiens de la Restauration et de l’Empire et notamment l’auteur de Talleyrand (Fayard, 2003 et 2006), Cent Jours, la tentation de l’impossible (Fayard 2008) et bien sûr Fouché, les silences de la pieuvre (Tallandier 2014). Il est membre de l’Académie. Il a été élu, l’an dernier, membre de l’Académie des Sciences morales et Politiques.